Langues d’Europe et de la Méditerranée

Données essentielles

Noms de la langueen sardesardu, sadru, saldu
en italiensardo
en anglaissardinian
en françaissarde
CodificationsISO 639-1sc
ISO 639-2srd
ISO 639-3 et code SILSRD
Famille linguistiqueLangues indo-européennes
Groupe linguistiqueLangues romanes
Sous-groupe linguistiqueInsulaire
Dialectesseptentrionallogudorese
centre-orientalnuorese
centre-occidentalarborense
méridionalcampidanese
AlphabetLatin. On trouvera des précisions sur un alphabet normalisé dans le document Limba sarda comuna.
NormalisationLes propositions pour une norme écrite standard sont anciennes et nombreuses.

Récemment, une proposition de standard du sarde a été élaborée par une commission d’experts et adoptée par l’Assemblée de la Région autonome le 18 avril 2006 (Limba sarda comuna) : ce standard est fondé sur les dialectes des zones centrales avec des ouvertures sur le logudorese et le campidanese. C’est désormais la langue officielle de la Région autonome mais chacun pourra s’adresser à la Région dans son propre dialecte.

Le 28 avril 2006, la Région autonome a adopté la première délibération officielle écrite en sarde standard.

Un Osservatorio regionale per la cultura e la lingua sarda a été créé par la Région autonome le 15 mars 1997.
OrigineLa langue sarde est le résultat de trois grands ensembles d’influences.

Le substrat paléosarde, constitué par l’ensemble des parlers de l’Île ou au contact desquels les habitants de la Sardaigne se sont trouvés avant 238 av. J.-C., date des débuts de la romanisation politico-administrative et linguistique.

Le moment de la latinisation du territoire de l’Île.

Les superstrats, traces linguistiques des occupations extérieures, par les Vandales, les Grecs, les Gênois, les Catalans, les Espagnols et surtout, à partir de 1718, date de son annexion au Piémont, les Italiens.
Attestations historiquesPremiers documents écrits en sarde.

Carta di Torchitorio (1070-1080, campidanese)

Privilegio logudorese (1080-1085, logudorese)

La Carta de Logu (1392, arborense)
Territoire historiqueL’ensemble de la Sardaigne.
Nombre de locuteurs sur le territoireNous disposons d’une enquête réalisée par l’Institut National de la Statistique (ISTAT) en 2000 et portant sur un échantillon représentatif de plus de 50 000 personnes.

Cette enquête révèle que le sarde est parlé, sur l’ensemble de l’Italie, par 1 775 000 personnes de 6 ans et plus. Le nombre de locuteurs en Sardaigne est de 1 291 000 personnes de 6 ans et plus soit 83,2% de cette population. Le sarde est la langue numériquement la plus importante d’Italie.

Il serait nécessaire d’effectuer des enquêtes sociolinguistiques permettant de préciser le nombre de Sardes capables de parler cette langue (locuteurs actifs) et ceux qui sont simplement capables de la comprendre, car l’enquête de l’ISTAT est seulement basée sur les déclarations des personnes interrogées.
Usage quotidienLa situation linguistique de la Sardaigne est marquée par un rapport diglossique entre l’italien et le sarde. On peut estimer que le sarde est surtout utilisé dans des contextes de communication informels, en famille, avec des amis. Mais les enquêtes qui permettraient de préciser ces usages font défaut.
Usage occasionnelVoir ci-dessus.
Langue dominante du territoireItalienretour haut de page
StatutL’article 6 de la Constitution italienne de 1948, selon lequel « La République protège avec des mesures appropriées les minorités linguistiques », n’a pas été mis en œuvre pour le sarde pendant un demi-siècle. Le Statut spécial d’Autonomie attribué à la Région de Sardaigne depuis 1948 n’a rien changé à cette situation.

Le 15 octobre 1997 a été promulguée une loi régionale, « Promotion et valorisation de la culture et de la langue de la Sardaigne » qui stipule que « la Région reconnaît que la langue sarde est un bien fondamental qui doit être valorisé ».

Enfin, le sarde figure dans la liste des langues auxquelles s’appliquent les dispositions de la loi italienne du 15 décembre 1999, « Normes en matière de protection des minorités linguistiques historiques ».
Enseignement de la langueChaires de Linguistique sarde dans les universités de Cagliari et de Sassari. Étude du sarde dans les chaires de Dialectologie, de Philologie romane. Des études concernant le sarde, dans le cadre de la philologie romane ou de la géographie linguistique, existent en Allemagne (Cologne et Berlin), en Autriche (Innsbruck), aux Pays-Bas (Amsterdam et Groningue), en France (Grenoble), aux États-Unis et au Japon.

Le sarde est enseigné de façon non systématique et hors des horaires normaux dans de nombreuses écoles de tous niveaux. Ces enseignements sont financés par les deux lois citées ci-dessus. Il en va de même pour les actions de formation des maîtres qui sont liés aux projets spécifiques financés dans le cadre de ces lois. Il n’existe aucun plan d’ensemble à ce sujet et c’est là une lacune très préoccupante dans la politique en faveur du sarde.
Enseignement dans la langueL’enseignement du sarde en sarde et son utilisation comme instrument d’enseignement d’autres disciplines est à peu près inexistant. Quelques rares exemples peuvent être repérés : ils ne sont pas dus à une politique systématique, mais à l’initiative de tel ou tel enseignant.
Usage public et médiasLe sarde est bien représenté dans la toponomastique et son usage dans l’administration progresse.

Les deux principaux journaux de la Sardaigne accordent une place très réduite au sarde (lettres de lecteurs et rubrique sur les proverbes).

Sur les chaînes de radio et de télévision, le Journal télévisé de Sardegna 1 est sous-titré en italien et en sarde et il existe quelques programmes financés par la loi de 1997 qui concernent généralement la culture et fort peu la langue sarde.

L’activité éditoriale est beaucoup plus importante. Deux maisons d’édition développent une politique d’édition en sarde : les Edizioni Condaghes et les Edizioni Papiros. L’activité associative en faveur du sarde est très importante et sa présence sur internet se développe rapidement. On trouve, par exemple, des sites comme Diariulimba, revue en ligne de l’Associazione Limba Sarda et le site Traduction de la Bible en sarde, lieu de rencontre sur la traduction en sarde de la Bible, maintenu par l’Istituto di Scienze Religiose d’Oristano, avec la collaboration de la Pontificia Facoltà Teologica de Cagliari.
Communautés hors du territoireOn estime que le nombre d’émigrés sardes dans le monde est actuellement compris entre 500 000 et 600 000.
Nombre de locuteurs hors du territoireOn ne dispose d’aucune enquête scientifique permettant de préciser l’usage du sarde dans les communautés émigrées.

On peut affirmer cependant, à partir d’observations intervenues auprès de cercles d’émigrés du nord de l’Italie, de la Suisse, de l’Allemagne et de la Belgique, que l’usage dans l’espace privé, familial ou amical persiste, mais que la transmission vers les enfants n’est pas aussi bonne qu’en Sardaigne.
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