Langues d’Europe et de la Méditerranée

Introduction

Armoiries de la ville de Faeto

Faeto est l’une des 64 communes de la province de Foggia, située sur le point le plus élevé des Pouilles. Avec le village voisin de Celle di San Vito elle constitue une minorité linguistique historique, protégée depuis 1999 par la loi nationale 482/1999. Ces dispositions légales sont complétées par différents statuts de collectivités locales en attendant l’adoption annoncée d’une loi régionale.

Dans les deux villages on parle, depuis environ sept siècles, une variété de francoprovençal, le « faetano » et le « cellese », exemple unique en dehors du domaine alpin.

Des études de glottologie ont depuis identifié la structure et l’origine de la langue des habitants de Faeto et de Celle, provenant très probablement du Val d’Isère.

Avant l’aboutissement de ces recherches, les habitants de Faeto et Celle étaient perçus comme « provençaux » ou même « albanais ». Cet îlot linguistique, parmi les moins connus d’Italie, suscite l’intérêt et la curiosité et il attire de nombreux chercheurs.

Benvenuti a Faeto

Le nom du village est évidemment lié à la flore locale (de fagetum = faggeto en italien, hêtraie en français). Le village se développe, en effet, à mi-côte (866 mètres) et il est situé sur le flan Est du Monte Perazzoni.

Grâce à sa position caractéristique, Faeto a conservé d’importants traits culturels, en premier lieu la langue et il offre aux visiteurs un splendide spectacle de beautés naturelles. De Faeto, on peut dominer la plaine du Tavoliere et, par temps clair, la mer Méditerranée et les monts du Gargano.

Immergé dans le Subappennino Dauno méridional, le territoire est surtout montagneux. Le Mont Cornacchia culmine à 1.151 mètres, aux frontières du territoire de Biccari, à l’Ouest, le Monte Perazzoni à 1.060 mètres, au Sud-est, le Monte San Vito à 1.015 mètres et enfin le Monte Castiglione à 959 mètres.

Le territoire présente une vaste biodiversité et une grande richesse en eau. Le climat est le climat typique des Apennins : des hivers froids et des étés pas excessivement chauds.

La première attestation historique du faetano est représentée par la Parabole du fils prodigue, publiée par G. Morosi dans un article de l’Archivio Glottologico Italiano en 1892. Enfin, la traduction de la IX Nouvelle du Décaméron de Boccace, La Dame de Gascoigne et le roi de Chypre, réalisée par Francesco Alfonso Perrini dans une variété alpine et publiée par Giovanni Papanti en 1875, permit de déterminer le caractère francoprovençal du faetano.

Village de Faeto

Le francoprovençal de Faeto et de Celle di San Vito, n’ayant plus eu de contacts directs avec les parlers alpins de ses origines, a conservé des formes qui remontent au XIIIe siècle.

Cela permet de vérifier et reconstruire des phénomènes linguistiques qui, dans les régions d’origine, ont évolué ou se sont perdus.

La région d’où viennent les francoprovençaux de Faeto et de Celle di San Vito a pu être établie mais les motifs de leur migration et de leur installation dans ces lieux restent encore, sous certains aspects, mystérieux.

Selon l’hypothèse la plus sérieuse, la naissance des deux centres doit être attribuée aux vicissitudes des derniers souverains souabes. Charles I d’Anjou, fils du roi de France Louis VIII et de Blanche de Castille, vint à Rome en 1265, appelé par le pape Clément IV, pour combattre Manfred de Souabe, fils de Frédéric II et roi de Sicile, menaçant les domaines romains.

Ainsi Charles I prit possession rapidement de toute l’Italie du Sud. Seuls les Sarrasins de Lucère, retranchés dans le château, résistèrent à son avancée. C’est pendant ce long siège que les historiens déterminent la naissance des deux colonies de Faeto et de Celle di San Vito.

En effet, Charles I d’Anjou, par son édit du 8 juillet 1269, détacha de Lucère un noyau de deux cent soldats et les envoya à Castello di Crepacore (Castrum Crepacordis), ancienne fortification romaine située sur la sommité du Monte Castiglione, pour empêcher les incursions des Sarrasins. Le 27 août 1269, Charles d’Anjou, après des mois de siège et de résistance, a pu soumettre même les Sarrasins de Lucère.

Aux deux cent soldats envoyés au Castrum Crepacordis, il concéda de rester dans le territoire presque inhabité de Casale Crepacore. Quand les hostilités entre les dynasties d’Anjou reprirent, menaçant la tranquillité du lieu qu’ils occupaient, les familles décidèrent d’abandonner le Casale et de trouver une résidence plus tranquille.

La plupart des familles s’installèrent près du couvent des Bénédictins, appelé Monasterium Sancti Salvatoris de Fageto, située à quelques centaines de mètres d’un autre monastère, celui de Sancte Marie de Faieto ou Fageto. Ainsi naquît Faeto.

La partie restante alla occuper le Casale San Felice et, successivement, un bâtiment construit par des frères du couvent de Saint Nicolas pour leur résidence d’été. Ainsi naquît Celle di San Vito, dont l’appellation provint des cellules des frères de cette résidence d’été et de l’Ecclesia Sancti Viti. Nous sommes environ à la moitié du XIVe siècle.

Éoliennes

Pour ceux qui vivent et travaillent à Faeto, connaître l’histoire de son territoire, signifie non seulement connaitre le passé pour bien évaluer le présent, mais aussi reprendre possession de leur identité et leur civilisation.

Cette réappropriation, grâce à un certain prestige dont bénéficie le faetano, est depuis quelques années concrètement encouragée par des actions réalisées notamment par le Sportello linguistico francoprovençal, constitué grâce à la loi 482 de 1999, ainsi que par l’école, où l’on enseigne, dès la maternelle, le faetano et où certains cours se font en faetano.

Panorama de Faeto

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