Langues d’Europe et de la Méditerranée

Festival des littératures minoritaires 2009

imprimer Imprimer - Recommander à un ami Recommander à un ami

Lòng lo camin dei desiranças
Au long du chemin des désirs

Affiche Festival Lòng lo camin dei desiranças
Affiche du Festival ©Adriana Civitarese
Modèle : Rosmunda D’Amico


Jan-Mari Carlotti - L'èga d'amor
(Robert Lafont)

Pour une langue minoritaire, la littérature est la source même du renouvellement de la communauté, la possibilité pour celle-ci de conjurer la nostalgie et de s’ouvrir au rêve, de bâtir des projets pour le présent et pour le futur.

L’équipe italienne du LEM a organisé une manifestation artistique annuelle, le Festival des littératures minoritaires de l’Europe et de la Méditerranée. Ce Festival, dont la première édition aura lieu en mai 2009, bénéficie du soutien de l’université de Teramo.

Le thème de cette année – “Lòng lo camin dei desiranças”, selon une poésie occitane de Robert Lafont – nous invite au désir et aux chemins, aux chemins construits par le désir.

Une plasticienne, Adriana Civitarese, nous offre sa vision de Faeto, îlot linguistique francoprovençal de la Province de Foggia. Ces photos pourront inspirer des poètes et créateurs d’une autre minorité linguistique qui nous proposeront leurs textes, musiques, images, vidéos.

Panorama Faeto
Faeto, © Peppino Pavia

Nous construirons ainsi une exposition de photographies illustrées par de brèves interventions présentées dans la langue minoritaire de leur auteur et traduites en italien. Cette exposition sera l’occasion d’une rencontre entre les créateurs des différentes langues. Elle sera présentée à Teramo et à Faeto au moment du Colloque international des Troisièmes Journées des Droits linguistiques.

Ces interventions, qui pourront être des textes écrits, mais aussi des enregistrements sonores, des musiques ou des chants, des photos, œuvres plastiques ou vidéos, seront en outre présentées en permanence sur le site LEM.

Ce dialogue entre différentes disciplines artistiques, des images à l’écriture et à la vidéo, à partir d’une matière commune, la réalité de Faeto, construit un réseau de communication et de connaissance fondé sur le désir de création et les différences que chacun de nous porte en lui.

Ce qui se joue dans cette manifestation, c’est la mutuelle reconnaissance des différentes communautés linguistiques entre elles et leur ouverture à un monde sans frontières.

Nous ouvrons ici une discussion sur cette problématique en proposant, pour lancer le débat, deux textes d’Henri Giordan sur « Les minorités entre la nostalgie et l’universel » et sur « Minorités linguistiques et art contemporain ».

Faeto en automne
Les champs de Faeto, © Peppino Pavia

Le diaporama présenté ici est l’œuvre d’une plasticienne, Adriana Civitarese qui s’est inspirée de l’atmosphère de Faeto. Nous proposons que cette œuvre soit utilisée comme point de départ pour votre création, inspirée par l’ensemble du diaporama ou par telle ou telle image (dans ce cas, indiquez le numéro de l’image qui vous a inspiré).

Nous vous invitons à nous faire parvenir votre création au moyen du module de dialogue en ligne placé sous le diaporama.

Dans le cas où vous désirez intervenir par un texte, dialogue, prose ou poésie, nous vous invitons à nous transmettre une version dans votre langue avec une traduction dans la langue de communication que vous utilisez, anglais, français, espagnol, italien ou autre.

Les œuvres retenues, dont la propriété restera à l’auteur et sera protégée, seront présentées dans une exposition virtuelle permanente sur le site LEM et dans l’exposition « Lòng lo camin dei desiranças » qui sera inaugurée le 22 mai 2009 à Faeto. Tous les textes seront accompagnés d’une traduction en italien.

Pour participer à cette exposition vos textes, accompagnés d’une traduction en italien, devront être expédiés en utilisant le formulaire ci-dessous au plus tard le 5 mai 2009.

Diaporama

© Adriana Civitarese

Pour mettre le diaporama en pause, cliquer sur le n° de l'image (0 / 27)

 

retour haut de page

Vos créations

puce L'ârmwêre
par Jean-Luc Fauconnier, écrit en wallon sur la (les) photo(s) n° 27
- le 15 mai 2009
L’ârmwêre

Asseûrè qu’ ç’aveut stî ène bèle ârmwêre mins, s’apinse a m’ mononke, lès-anéyes passéyes lyi avît fét du tôrt. Èle aveut stî quéqu’fîye rétèréye dins-in ralâdje plin – c’èst dès quétes qu’ont pa côps arivè a dès parèyes a zèles tins dèl guêre – toudis èst-i qu’èle èsteut ’ne miyète di sclimbwagne, qui lès-uch avît dès rûjes pou s’ rissèrér, qu’i-gn-aveut yin dès ridants qui n’ rideut pus èyèt l’ôte qu’aveut spitè; il-aveut v’lu r’trouvér sès tayons ô bos.
On-aveut pârvènu a l’ diskinde dins l’ grande côve, asârd qui lès montéyes du guèrnî èstît trop stritchotes, èy’ on l’aveut astokè ô meur qu’èsteut tout djusse pa d’vant l’uch. Dins ç’ place la, gn-aveut ène provision d’ canadas qui lèyît crèche pôjêr’mint leûs tirants èyèt dins-in cwin, lès gayètes qui r’lûjît tout-al doûce lès djoûs qui l’ solia aveut l’ crédit d’ passér intrè lès bârôs dèl rayèle.
Lès côps qu’on mucheut lôvô, ô preume, c’èsteut lès vènéyes dès canadas qui v’nît vo cakyî; dès droles di vènéyes di têre tchamoussîye qui c’èst vrémint malôjî di spliquî. D’ayeûrs, pouqwè ç’ qu’i fôreut spliquî dès-odeûrs? Dès-odeûrs, ont lès sint èyèt pou ç’ qu’i d’mère, c’èst du scridjâdje… Deûs-apas pus lon, c’èsteut lès-ouféyes di tchèrbon qui muchît dins vo trôs d’ né. Çu n’èsteut né du sint bon, çu n’èsteut né ène pénèye nè ré; ça sinteut l’ tchèrbon èyèt on n’ va nén s’ mète a dalâdje pou-z-asprouvér d’ vos d’visèr d’ tout çoula. Dji d’mère toudis paf li côp qu’ dj’ètind lès cés qui d’vis’nut du vé, dès cés qui vos stitch’nut qu’ ç’n-anéye ci, i va awè l’ gout dès fréjes, dès caclindjes ou bé dès bananes… Ostant lès mindjî, lès bananes, lès caclindjes èyèt lès fréjes… Mins, i fôt bé qu’on lès pâye mès-ômes pou tat’lér an f’yant du grand vint, adon qu’ mi on n’ mi pâye né pou d’visér dès-ouféyes di tchèrbon èyèt d’ canadas.
Pou r’vènu al vîye ârmwêre, il-èst rèquis d’ dîre qui lèy ètou, èle sinteut. C’èst qui m’ pa aveut stî mète didins dès paquèts d’ lîves. Lès cous´, is ’stît réfârdèlès al douzène dins du rôse papî qu’ d’vèneut djane pa places. Né quèstion d’ lès disfachî… is ratindît dès lîjeûs èy’ is d’vît d’mèrér t’t-ossi propes qui l’ via qu’ vos con’chèz sès deûs mames.
Eûreûs’mint qu’ dins l’ binde, gn-aveut in briquèt qu’aveut stî drouvu… Vos vèyèz bé qu’i-gn-aveut quand l’ minme yeû in lîjeû! Put-ète mi pa? Ci briquèt la, dji p’leu bé l’ disbalér pou rèspirér l’intche èyèt l’ sipès papî qui lèyeut couru ène doûce vènèye qu’i faleut yèsse dissus pou sawè l’ sinte. Èle div’neut ène miyète pus fwate s’ont drouveut l’ lîve èyèt l’ côp qu’on stitcheut s’ né intrè lès pâdjes qui n’èstît né discôpéyes – on ratindeut lès lîjeûs, vos di dj’ –, ça d’vèneut pus sôlant… C’èsteut seûr’mint dès bèlès quétes qu’i-gn-aveut d’dins mins dji cominceu a-z-aprinde a lîre èy’ is-èstît scrîts an walon… Vos-alèz m’ prétinde qui c’èst pou çoula qu’is ratindît dès lijeûs dispûs ’ne si fameûse pupe…
« É, gamin, c’èst pou ponde ou bé pou couvér? Èst ç’ qui vos-ârèz r’montè l’ boutâye di bîre divant qu’on-eûche fini d’ din.nér? »

Jean-Luc Fauconnier

Traduction :

L’armoire

Certainement que ce fut une belle armoire, mais comme disait mon oncle, les années passées lui avaient fait du tort. Elle avait peut-être été enfouie sous un éboulement – ce sont des mésaventures qui sont parfois arrivées à ses semblables durant la guerre – toujours est-il qu’elle était quelque peu de guingois, que les portes éprouvaient des difficultés à se fermer, qu’il y avait un des tiroirs qui ne glissait plus et que l’autre s’était échappé; il avait voulu retrouver ses ancêtres dans un bois.
On était parvenu à la descendre dans la grande cave, les escaliers du grenier étaient probablement trop étroits, et on l’avait calée contre le mur qui se trouvait juste devant la porte. Dans cette pièce-là, il y avait une provision de pommes de terre qui laissaient pousser paisiblement leurs germes et dans un coin, les morceaux de charbon qui luisaient tout doucement les jours où le soleil avait l’occasion de passer entre les barreaux du soupirail.
Lorsqu’on pénétrait là-bas, en premier lieu, c’était les senteurs des pommes de terre qui venaient vous chatouiller, de drôles de senteurs de terre pourrie qui sont malaisées à décrire. D’ailleurs pourquoi faudrait-il décrire des odeurs ? Des odeurs, on les sent et pour le reste, c’est de la littérature… Deux pas plus loin, c’était les effluves de charbon qui pénétraient dans vos narines. Ce n’était pas un parfum, ce n’était pas une puanteur non plus; cela sentait le charbon et on ne va pas se mettre branle pour essayer de vous parler de tout cela. Je reste toujours ébahi lorsque j’entends ceux qui parlent du vin, ceux qui vous font accroire que cette année-ci, il va avoir le goût des fraises, des myrtilles ou bien des bananes… Autant les manger les bananes, les myrtilles et les fraises… Mais il faut bien qu’on les paie ceux-la pour bavarder en faisant beaucoup de vent, alors qu’on ne me paie pas pour parler des effluves de charbon et de pommes de terre.
Pour en revenir à la vieille armoire, il est indispensable de dire qu’elle aussi, elle sentait. C’est que mon père avait été y placer des paquets de livres. Les copains, ils étaient enveloppés par douzaines dans du papier rose qui devenait jaune par endroits. Pas question de les déballer… ils attendaient des lecteurs et ils devaient rester aussi propres que le veau que vous connaissez, celui qui a deux mères.
Heureusement, dans la bande, il y avait un paquet qui avait été ouvert… Vous voyez qu’il y avait quand même eu des lecteurs! Mon père, peut-être? Ce paquet-là, je pouvais le déballer pour respirer l’encre et le papier épais qui laissait courir une douce senteur qu’on ne pouvait percevoir qu’en s’approchant. Elle devenait un peu plus forte si on ouvrait le livre et lorsqu’on fourrait son nez entre les pages qui n’étaient pas massicotées – on attendait les lecteurs, vous ai-je dit –, cela devenait plus enivrant… C’était certainement de belles aventures qu’on y trouvait mais je commençais à apprendre à lire et ils étaient écrits en wallon… Vous allez me prétendre que c’était pour cela qu’ils attendaient des lecteurs depuis un bon bout de temps…
« Hé, gamin, c’est pour pondre ou pour couver ? Est-ce que vous aurez remonté la bouteille de bière avant qu’on ait fini de dîner? »

Jean-Luc Fauconnier

puce N'an a parla cegliay!
par Martino Arcangelo, écrit en le francoprovençal parlé à celle di s. vito (foggia)
- le 7 mai 2009
E ti te restaray!
N'an a parla Cegliay!

La lén de Cèlle
spacchésse e bèlle
se parle 'nfamiglye
è a lu Cunsiglye
a la muntagne
e a la campagne
pe miéce ciarriére
é ghyòcche lò fére
a la cantine
e u tabacchine.

Parlan la lén de Cèlle
ché pure le ciuose mé bèlle
se putunt accunta
decchire se uot parla.

E ti te restaray,
n'an a parla Cegliay!

Sè t'uo preva
Sè t'uo cianta
Sè t'uo accunta
Sè t'uo parla
Le manche pa rén
a sétta lén.
Lu sappattau
e lu scenziau
i perdunt rén
parlan sa lén.
ò ayant parole tan bèlle
deghyén sa lén de Cèlle
pe lò gione nammura
decchire s'ulunt parla.

E ti te restaray!
N'an a parla Cegliay!

E avoy lòs anema
ché i putunt pa parla
i parasciunt mé cuntén
a sentìe parla sa lén.

Sentanza pa criau,
acchegliana pa pau
sè ne parlun cegliay
pettiye, jone e viay.

Come a sellou de na vay
parlan sèmp cegliay.
Chìe se puot scurda
seli bé parla:
se stave a sentìe
assetta a cartìe
decchire i parlavant
atturn u fucurìe
e cunt i disciavant
de campa e de murìe.

E ti te restaray
n'an a parla cegliay

Ne stavan a sentìe
tò le man derrìe lu chìe
decchire s'atturniavant
e cegliay i parlavant
lò jone e lò muén
sénz spezza pe rén
devan ci Raziucce
figlie a ciunce Vetucce.
Lén a note de Cèlle,
Lén de lòs an passa,
Lén de lòs antena,

ch'i anta turna a parla
Cegliay rou e pettiye
ché i venunt aderriye.
Fallò parla fuggian
respundre ‘n piémontése
ma la lén de deman
è sempre il bel cellese.
òre i alluccavant,
òre i resciavant,
a lò sentiye de luntane
ò parascive na funtane,
na funtane d’eya bèlle
sun e parole de Cèlle!
ò parascive un faugnèt
ghyén lòs arble de lu buschèt.

E ti te restaray,
N'an a parla Cegliay!

La léna note de Cèlle
Gl'é poy namur mé bèlle
de sela spècye de talian
ché i parlunt lò Fuggian
é de lu Piémontése
ché i parlunt lò Torinése
pe nu dire poy de seli ‘nglése
ché i parlunt lò Canadése.

Nus lu savun,
lu savun bun
ché les ate lén
i cuntunt rén
Sule lu cegliay
i vint dray dray
de lu seruay
de maydemay.
Sentanze cuntén
de sétta lén
ché s'ant lascia
lòs antena
pe la parla
pe la cianta
pe la suna
na terneta

Léna nota bèlle,
acchiglia pa tan pau
nus te fasciun unau
ti te restaray
la lén d'lò Cegliay.

Ti te restaray
N’an a parla Cegliay.

Traduction :

CELLESE, SU! PARLIAM!


E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

Lingua di Celle
graziosa e bella!
si parla in famiglia
e in seno al Consiglio
su per la montagna
e nella campagna
in mezzo alla strada
e sulla fontana
dove si beve il vino
ed anche al tabacchino.

Parliam la lingua di Celle
ché pur le cose più belle
si possono raccontare
quando si vuole parlare.

E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

Se vuoi pregar,
se vuoi cantar,
se vuoi narrar,
se vuoi parlar,
non manca un cavolo
a sto vernacolo.
Allo zappatore
Com’anche al dottore
non costa un tornese
a parlar cellese.

Vi son parole belle
nella lingua di Celle
per giovani innamorati
sposati o fidanzati.

E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

E persino gli animali
che non possono parlare
sembrano più contenti
sentendo questi accenti.

No, non vi vergognate,
paura non abbiate
se parlate cellese,
gente del mio paese.

Nell’avito paese
parliam sempre cellese!
Chi potrà mai scordar
Questo dolce parlar?
Ad ascoltar si stava
seduti là in disparte
quando si raccontava
attorno al focolare
e si prendeva a dire
di vita e di morire.

E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

Ad ascoltar stavamo,
le man sul deretano,
allorché s'assembravano
e cellese parlavano
pivelli e veterani
senza fermarsi mai
davanti da Graziuccia
figlia di zio Vituccio.
Quelle sonore voci
e fragorose risa
a sentirle da lontano
eran scrosci di fontana,
fontana d'acque belle
parole e suon di Celle,
lieve stormir di chiome
d’alberi in piena estate.

E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

Questa lingua di Celle
è poi molto più bella
di quel povero italiano
che si parla nel Foggiano
e del freddo piemontese
biascicato nel Torinese.
Per non dir nulla poi dell’inglese
che parla l’italocanadese.

Tutti lo sappiamo
lo sappiamo bene
che le altre lingue
il tempo estingue.

Solo il cellese
sgorga diretto
dal luminoso sole
del mese dell'amore.
Sentiamoci contenti
di questa lingua amata
che ci hanno lasciata
i nostri antenati
per parlarla
per cantarla
per suonarla
per amarla
per l’eternità.

Melodie nostre belle,
lingua nostra di Celle,
lingua degli anni passati,
lingua dei nostri antenati,
che torneranno a parlare
Cellesi piccoli e grandi
che seguir ci vorranno.
Lasciali parlar foggiano,
rispondere in piemontese,
ma la lingua del domani
sarà sempre il bel cellese.

Non avere timori,
noi ti sarem fedeli.
Tu resterai per sempre
la lingua dei Cellesi.

E tu dovrai restare
di Celle il bel parlare!

puce Uàjere é Favùgne
par Vito Carosielli, écrit en fancoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 24
- le 6 mai 2009
I disce la Uàjere
« Se gi ge uóglje, ge vi ó fé savàjere,
Ge crive de jòcche paìje, tòppe é vallà.

Frésche gi m'é lò màje du liùnne
M'é quàse la pattrùnne de la metènne
Dò mi sìje la reccóte gli-é mé bunne
É a l' ópere mé geniàue i vante lò muénne »

Favùgne i disce
« La jòcca vóte a mi me fa pa pàue
Dò 'na nuttà, vusse jó savìje,
Ge la zeffùnne é ge la fé scaglìje

É pó de premavére, cache vàje,
Ge fé giuccà le niévele dò la linne
Ge màjene cjà é piénne de seruàje
Gi m'é quajènne gjà da lu mattìnne

Che rénne i cunte é ancóre mé pù i vale »
I disce la Uàjere « Ne sun bun sule a fa gerìje... le pale ».

Traduction :

BORA E FAVONIO

Dice la bora
”Se io voglio, vi informo,
ricopro di neve paesi, montagne e vallate

Fresca io sono nei mesi del leone
son quasi la padrona della mietitura
con me sicuramente il raccolto è più abbondante
e al lavoro più vogliosi vanno gli uomini”

Favonio risponde
“la vostra neve non mi fa paura
in una nottata, voi lo sapete,
io la rovino e la disciolgo

E poi in primavera, quando voglio,
faccio giocare le nuvole con la luna
son caldo e pieno di sole
sono rovente già dal mattino

che nulla conta e ancora meno vale”
dice la Bora “serviamo solo a far girare... le pale”.


puce A Cèlle de Sant'Uite
par Vincenzo Bambacigno, écrit en francoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 15
- le 6 mai 2009
Muragliun do l'arche a tuttesiéste
come un daje puntà vérse lu siére;
dije cemmenére scfumacchiante all'embrunije
mengije preparà de suajeme e d'enfenite;
un mescuglie de culaue culerà,
'mpastà dinghiocche un quadre
pién d'abéte, d'urme, e de genétre,
de s'éje fresche e limpede canalétte,
de sénte bucce delecatammén avère
do un surrise timede e gentile:
te séje tutt'icchi o Cèlle de Sant'Uìte,
pettitte e rose come 'n tutte lo tén,
sémpe pronte a dunà
a uspatà a a ulajere bin.
Je sa che te fì la "Mutatio Aquilonis,"
'n umele staziun de pellerine,
'nghiocche la Vie Traiana 'mperiale,
poje boue sacre dedecà a Caracalla,
pe su lu nun tinne de martere cristian
all'ordene de lo moneche uccedentale
de San Beneditte,
e te denaje uspetalettà a lo eréteche valdése,
a lo angioine e a lo franchepruvenzale
che te dunarunte namurre de ciuose
na lénn-a scpeciale pe parlà
sénze che lo sate i cappunte pa su che te disce,
dossente sije liscen de piaure
'ncenetì, spisse,
da la sante 'Nqueseziun de Rome
do fuà ardén, carcere, pajene
e lunge prucessiun pe purtà
do la fraje férme de la néje schiérte,
la cumeniun a selloue che i stunte muran
chè, derrije le fenète 'ngherlandà
de geranje dappoje tade stiènte,
i triavante lu turrije suspire.
Pe su t'avive renni
a nunn de Diapenaje,
o Cèlle de Sant'Uìte,
lu truian Felice Siliceo,
un bun munsignore
un pue trije zelante
a la fine de lu sinchessénte
i facive purgà le colpe a lo Cigliaje
e avoje a lo Fajetare...
Trujan pure gi ore ge te dumman schise.
Ore, liscèn, a la puénte de l'Aquilone,
te done a tuttuquante la serenettà
te fa de lu perdone la vendétta tià:
e si surrise timede e gentile
te lu offre sémpe a tittuquante,
do tode sencerettà!

Traduction :

A CELLE DI SAN VITO

Muraglione con arco a tutto sesto
come un dito puntato verso il cielo;
due camini fumanti all'imbrunire
ammantati di sogni e d'infinito;
un miscuglio di tinte colorate,
impastate su enorme tavolozza
colma d'abeti, d'olmi, e di ginestre
di acque fresche e limpidi ruscelli,
di cento bocche schiuse mestamente
in un sorriso timido e gentile:
sei tutta qui, o Celle di San Vito,
piccola e grande come in tutti i tempi,
sempre pronta a donare
ad ospitare ad amare.
So che fosti Mutazio Aquilone,
un'umile stazione di viandanti,
sulla Via Traiana Imperiale,
poi bosco sacro intestato a Caracalla,
che devi il tuo nome di martire cristiano
all'ordine dei frati occidentali
del gran San Benedetto,
che desti asilo a eretici valdesi,
ad angioini e a francoprovenzali
che ti donaron molto:
un idioma speciale per parlare
senza che altri intenda ciò che dici,
duecento occhi lucidi di pianto
ammorbiditi, spesso,
dalla Romana santa Inquisizione
con roghi ardenti, carceri, tormenti
e lunghe processioni per recare
nel freddo acuto della notte nera,
il viatico ai morenti
che, dietro le finestre inghirlandate
di gerani e dopo tanti stenti,
esalavano l'ultimo respiro.
Così t'aveva ridotta
nel nome del Signore,
o Celle di San Vito,
il troiano Felice Siliceo,
un pio monsignore
che tutto pien di zelo
in fin del cinquecento
solea purgar le colpe dei Cellesi
nonché dei Faetani...
Troiano anch'io or qui ti chiedo scusa.
Ora, lucente, in cima all'Aquilone,
doni a chiunque la serenità
fai del perdon la tua vendetta:
e quel sorriso timido e gentile
lo offri sempre a tutti,
con gran sincerità!

puce A l'icona
par Mellie Bourdoncle, écrit en occitan sur la (les) photo(s) n° 6
- le 29 avril 2009
Dins la clardat sorna
Muda e lusenta
La cara de l'icona
Tira lira
Tindarà
Per l'esperit quilhat del poble
Mol del tèxte sacrat.

Traduction :

Dans la sombre clarté
Muette et brillante
La face de l'icone
Tire
Et tinte
Pour l'esprit sacré du peuple
Mou du texte sacré.

puce Le figlie de Cèlle
par Anacleto Perrini, écrit en francoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 2
- le 28 avril 2009
A lu paije note, che se chiame Cèlle,
Can' a i-ant de figlie i sunt bèlle.
I tenunte do ise buntà e vertije.
E chi se le spuse, biate a ije.

Rettunne la téte é large lu frun,
ia 'nnammurunte a sélle, a sétte, a ciacun.
Mennute devan, paccute derrije.
E chi se le spuse, biate a ije.

Felà lu 'nà, pettitte la bucce,
i sunte na viole, na rose a cappucce.
D'uore le trézze, naje lo sije.
E chi se le spuse, biate a ije.

De la cerasèlle i tinte lu musse,
da la faccia lisce se sciglje lu russe.
Lu jate ijddore de malvasije
E chi se le spuse, biate a ije.

Lu giure de féte, chè ijallunte a la mésse,
i faciunte la rote, na pavunésse.
Se 'ncantunte lo gione de lo s'ate paije
E chi se le spuse, biate a ije.

Si a ciantà, illé poje se mettunte,
do lu bé ciant, te 'nzuccarunte.
Te le vulire tuttuaje sentije
E chi se le spuse, biate a ije.

Traduction :

LE RAGAZZE DI CELLE

Al paese nostro, che si chiama Celle,
quante ve ne sono di ragazze son tutte belle.
Hanno con loro bontà e virtù
E chi se le sposa, beato lui.

Rotonda la testa e larga la fronte,
innamorano quello, questo, ognuno.
Maggiorate davanti, maggiorate di dietro
E chi se le sposa, beato lui.

Filato il naso, piccola la bocca,
sono una viola, una rosa cappuccio.
D'oro le trecce, neri gli occhi
E chi se le sposa, beato lui.

Della ciliegia hanno le labbra,
dalla faccia liscia si versa il rosso.
Il fiato odora di malvasia
E chi se le sposa, beato lui.

Il giorno di festa, che vanno alla Messa,
fanno la ruota, una pavonessa.
S'incantano i giovani degli altri paesi
E chi se le sposa, beato lui.

Se a cantare, là, poi si mettono,
con il bel canto, t'inzuccherano.
Le vorresti sempre sentire
E chi se le sposa, beato lui.

puce www.faeto.oc
par Claudio Salvagno, écrit en occitan
- le 26 avril 2009
Sobre l’esquermo nier de la mia ment
un clic,
se duerb un clar, e coma se durbessen tres portals,
‘na lòbia auta di pensaments se deslarja.
La grisor dal jorn muer, quora rintro dedins Ton sit
‘na plaça vueida, un camin ente escapar. Escapo
escapo, chapo per Tu, vers lo dalònh de iu
e me arrambo da dalònh, rintro dins lo defòra de Tu
abó la soleta vertut, abó un solet det
desenho la nòva geografia dal còr.

En prima coneission, apres la canson
me fas veire un santuari, un Sant content,
‘na gleisa desmuralhaa, desmemoriaa,
un choquier de paraules, una parabolica que fai grif
per chapar lo void. Alora,
dal miu pui veno,
buòu que nada dedins lo bòsc.


Ai, mi Dons, ma Dòmna nòva, frema, flor,
flair de florida, mai Madòna al mai
bambin en braç, mai meinaa iu en braç a Tu
a Tu que venes, que cales d’aquela eschala,
dotze o tretze eschalins que cheien a precipici
dedins lo dire, un deliri. Un deliri e un Sant
un Sant que ven, la lòbia d’amor, ‘na gabia
de paor, lo casel de beton que bussa e un desir de sònh
e de sòmi. Una sislonja ente potonar: una, dui, tres fremes,
o tres fremes ent una, ailai a la fenestra dal jorn,
jorn perdut derant la pòrta de la gleisòla. Eretic,
barbet mut, ferm dins l’idea arversaa au miton
de la vita... A ... A ...Audiartz ... a meitat eschala
Audiartz mesclon de mies mistats, ideia suspendua. Soisebuda.
Audiartz au miton di pensaments, a meitat camin,
a meitat andaor i a l’aspect, lo lum que s’estup
s’estup per lo clar que as dedins
clar que se visca al preic. Ome
que da solet te penses, penses e vas a querre
aquò que i a darreire i tiei pensaments, peires
que s’enauren, un potz de clars
aire cenglat dal miu cercle, dal miu labirint.

E mai la pòrta,
mai ‘na pòrta a veires, un void trasparent
disparicion, absença plena, fòrça dal ren
dobte Rom. Mes darreire, darreire aquel virar
darreire aquela pòrta que pareis se duérber, Tu
e darreire a Tu una autra Tu que ven
que ven coma una auba.

E mai darreire,
encara pus arreire,
Tu que corres,
Tu que traverses,
Tu que passes dedins l’estrench de la nuech
e ven mai ‘na vòutz,
ven mai ‘na vòutz, ‘na vòutz coma una ombra,
es l’ombra de Tu
de Tu que conoisso ren
que veio ren, mes que sento.
Sento l’eslavàs di pas dins lo camin que se tòrç,
l’aiga dal Temp que esguilha via
e i tetos que se fermen, ... preiquen ... un misteri
una aparicion un Apax. Segret ferm
doblat sobre lo Temp que venarè
son doblat, coma pont de demanda,
bocha embaiaa a l’escur.

Lo dreissaor que escruis,
mai lo nier,
mai lo clic e la chalancha de mistats que ven. Faeto.
Faeto que fai,
Faeto que as fach! Júmia ‘na vielha vòutz,
e mai una autra vòutz ven,
e venen i vòutz,
es la festa di mòts mòrts
e lo Cors s’es fach d’enquiòstre viu,
arruben en tremblant, tramòlen derant aquel fuec nier
la lenga brusa dedins la saliva clara. Besíen
dentals, palatals, labials,
mòrts mai vius,
venen mai a l’abriu,
bramen vielhs sons,
música de parpalhons,
vòls de l’autre monde.

Un monde autre
que iu poli ren trobar-ne un egal,
tant es mon ben
e se ben me vòl mal,
d’aquel mal farai mon ben,
e mai sarai tant ric en gachant ailai dalònh
l’agach revirat, la lenga d’òsse
lo cotel dòuç dins lo còs .. aa! Audiartz,
a a A ..., as dich, aquò
e aquò e aquò, e iu l’ai escrich, bò
bò, bò, a a A, ara as ausit
... potona-me ...
A, aa! aa! ara ai mai l’alen, ven
ven ven que lo ren se fai plen
Faeto archòca,
l’aura congreia,
‘na lauseta
se leva.

Traduction :

Sopra lo schermo nero della mia mente
un clic,
si apre una luce, e come si aprissero tre porte,
un balcone alto di pensieri si espande.
Il grigiore del giorno muore quando entro dentro il Tuo sito
una piazza vuota, una strada dove fuggire. Fuggo
fuggo, prendo verso Te, verso il lontano di me
e mi avvicino da lontano, entro dentro l’al di fuori di Te
con la sola virtù, con un solo dito
disegno la nuova geografia del cuore.

In prima connessione, dopo la canzone
mi fai vedere un santuario, un Santo felice,
una chiesa senza muri, senza memoria,
un campanile di parole, una parabolica che fa trappola
per catturare il vuoto. Allora,
dal mio poggio vengo,
toro che nuota dentro il bosco.

Ai, mia Dama, mia Signora nuova, donna, fiore
fiato di fioritura, nuovamente Madonna di maggio
bambino in braccio, nuovamente bambino io in braccio a Te
a Te che vieni, che scendi da quella scala,
dodici o tredici scalini che cadono a precipizio
dentro il dire, un delirio. Un delirio e un Santo
un Santo che viene, il balcone d’amore, una gabbia
di paura, la casa di cemento che spinge, e un desiderio di sonno
di sogno. Un divano dove baciare: una, due, tre donne,
o tre donne in una, là alla finestra del giorno,
giorno perso davanti alla porta della chiesetta. Eretico,
valdese muto, fermo dentro l’idea rovesciata al centro
della vita...A...A...Audiart...a metà scala
Audiart miscela di mie immagini, idea sospesa. Idealità.
Audiart al centro dei pensieri, a metà strada,
a metà anticamera c’è l’attesa, il lume che si spegne
si spegne per la luce che hai dentro
luce che si accende alla preghiera. Uomo
che da solo ti pensi, pensi e vai cercando
cosa c’è dietro i tuoi pensieri, pietre
che i levano al vento, un pozzo di luce
cielo chiuso dal mio cerchio, dal mio labirinto.

E nuovamente la porta,
nuovamente una porta a vetri, un vuoto trasparente
sparizione, assenza piena, forza del nulla
dubbio Rom. Ma dietro, dietro a quel girare
dietro a quella porta che sembra aprirsi, Tu
e dietro a Te un altra Te che viene
che viene come un’alba.

E ancora dietro
ancora più indietro,
Tu che corri,
Tu che attraversi,
Tu che passi dentro la strettoia della notte,
e viene nuovamente una voce,
viene una voce, una voce come un’ombra,
è l’ombra di Te,
di Te che non conosco
che non vedo, ma che sento.
Sento lo scroscio dei passi dentro la strada che si torce,
l’acqua del tempo che scivola via
e i ragazzi che si fermano, ... si raccontano ... un mistero
un’apparizione un Apax. Segreto fermo
piegato sopra il Tempo che verrà
suono piegato, come un punto interrogativo,
bocca aperta nel buio.

La credenza che scricchiola,
nuovamente il nero,
nuovamente il clic e la valanga di immagini che viene. Faeto.
Faeto che fa,
Faeto cosa hai fatto! Geme una vecchia voce,
e nuovamente un’altra voce viene,
vengono le voci,
è la festa delle parole morte,
e la Processione dei morti s’è fatta d’inchiostro vivo,
arrivano traballando, tremano davanti a quel fuoco nero
la lingua brucia dentro la saliva chiara. Balbettano
dentali, palatali, labiali,
morti nuovamente vivi,
vengono per iniziare,
gridano vecchi suoni,
musica di farfalle,
voli dall’altro mondo.

Un mondo altro
che io non posso trovarne un uguale,
tanto è il mio bene
e se il bene mi vuol male,
di quel male farò il mio bene,
e nuovamente sarò ricco nel guardare là lontano
lo sguardo rovesciato, la lingua d’osso
il coltello dolce dentro il corpo...ah!...Audiart,
a a A..., hai detto, - questo
e questo e questo, e io l’ho scritto, si
si, si, a a A, ora l’ai sentito
...baciami...
A, ah! ah! ora ho nuovamente l’alito, vieni
vieni vieni e il niente si riempie
Faeto scampana,
il vento genera,
un’allodola
si alza.

puce La Fenéte
par Stefania Giulia Acquaviva, écrit en francoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 14
- le 25 avril 2009
Tuttuaje ge rèmmeriave, do un lìvere àvere, dèffuore la fenéte de ciannù, e ge àvardàve la premmàvere, pe putàjre allà a giuccà denghien le vije de lu paije minnh.
Pe nammùr de sàn, da pèttitt, ge vìau Fait dalla fenéte mià, che i rìscive, e ge pensav: chiosà un giùr, decchire me saraje ròse, ge lu puòglie allà a lu vètaire.
La cuntantezze, dècchìre, da 'nfann, ge vèive che 'ngniocche le muntagne àiave la jocche.
Lu vère de lu bowe che jempìve lo sìje...
La gnùlàre che còme lu lenzije de dìapenaje me crevìve
lu cùore...
Ciachetànn, decchire tutte ciòuse ìallave pabbunnh,ge remmeriave lu srùaje che se ne àllave derrije lo Perrazzunne, e ge pensave che i sàr pa meje turnà...
Ma àuì ge tòrn cuntenn a ciannù derrije la fenéte, pe vedàire lo reccuòrd che s'ammeschiund do lu vère.

Traduction :

LA FINESTRA

Sempre ho guardato, con un libro aperto, fuori dalla finestra di casa mia, e aspettavo la primavera, per poter andare a giocare nelle strade del mio paese.
Per molti anni, da piccola, ho visto Faeto dalla mia finestra, che mi sorrideva, e pensavo: chissà un giorno, quando sarò grande potrò andare a visitarlo.
La gioia, quando, da bambina, vedevo che sulle montagne c'era la neve.
Il verde del bosco che riempiva gli occhi...
La nebbia che come il lenzuolo di Cristo mi copriva il cuore…
Ogni tanto, quando tutto andava male, guardavo il sole che tramontava dietro i Perrazzoni, e pensavo che non sarebbe più tornato...
Ma oggi torno felice a casa mia, dietro la finestra, per poter vedere i ricordi mescolarsi con il verde.

puce Inne a Cèlle de Sant'Uite
par Vito Tangi, écrit en francoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 3
- le 25 avril 2009
Chire un paije
gli ést 'nghiocche
'na tòppe
e tutte é béje
do lu vére
o do la iocche,
gnun i può dire
si gli ést pa nerrije
cale é m'é béje
de sì paije.

Te ne ulire pa maje allà
de Cèlle che t'ha fé nétre
e chire allunghe t'ést, turnà
u paì tin pién de genétre.

Che arja terènt do la uajere
e sruaje si faugne o majene
chire poje lu siére l'èrepe i bagne,
can te recchiglje e pa da crajere.

Te ne ulire pa maje alla
de Cèlle che t'ha fé' nétre
e chire allunghe t'ést, turnà
u paì tin pién de genétre.

Si te ulisse tuttuaje sentije
lo rille ciantà e lo cardille,
aià pa ate da fa si nun venije
a Aust, chire lu sruaje i brille
e la line de néje, si te va pa a checije,
de bé' ciant i nzuccarunt si paije.

Te ne ulire pa maje allà
de Cèlle che t'ha fé' nétre
e chire allunghe t'ést, turnà
u pai tin pién de genétre.

Traduction :

INNO A CELLE DI SAN VITO

Quando un Paese sta sopra un monte
e tutto è bello con il verde e con la neve
nessuno può dire, se non è arretrato
che ci sia paese più grazioso di questo.

Non vorresti mai partir da Celle
che t'ha visto nascere
e, quando sei lontano, tornare
al tuo Paese pieno di ginestre.

Che aria frizzante, con la borea,
ma c'è sole se soffia favonio,
che se poi il cielo bagna l'erba,
non lo crederesti: magnifici raccolti!

Non vorresti mai partir da Celle
che t'ha visto nascere
e, quando sei lontano, tornare
al tuo Paese pieno di ginestre

Se volessi gustare sempre il canto dei grilli
e le melodie dei cardellini...
non devi far altro che venire qui ad Agosto
quando brillano il sole, e la luna di notte;
e prima di andare a dormire...
quante canzoni addolciscono questo Paese.

Non vorresti mai partir da Celle
che t'ha visto nascere
e, quando sei lontano, tornare
al tuo Paese pieno di ginestre

puce Ten mistérieu
par Vautherin Raymond, écrit en franco-provençall valdôtain sur la (les) photo(s) n° 6
- le 17 avril 2009
Cetta éisistence
qeuverta de mistéro,
aata comme l'espace
profonda comme l'abimo,
renovelle todzor
de dzor
plen d'espoer
et d'amertume.

I baille la force
de martsé désot
sa foutse
leumiëre,
de vivre péisiblo
a travë sa voéce
confortabla
et perchenta.

L'est lo ten
qu'accompagne la via
comme un élisir
que pouye
et dèicen bèiche
chouen
la vibranta clliertà
meuchenta
i fon de l'orizon.

A travë la tempëta,
la nèi, et lo dzèivro,
euna force magnétecca
pénètre
dedin le sondzo,
éicitanta et mestecca
ivren lo pourtà
d'un paradi
incognu.

Traduction :

Temps mystérieux

Cette existence
couverte de mystère,
grande comme l'espace,
profonde comme l'abîme,
renouvelle toujours
des jours
pleins d'espoirs
et d'amertume.

Il donne la force
de marcher sous
sa sombre
lumière,
de vivre paisible
à travers sa voix
confortable
et patiente.

C'est le temps
qu'accompagne la vie
comme un élixir
qui monte
puis descend
en suivant
la vibrante clarté
qui disparaît
à l'horizon.

À travers la tempête,
la neige, et le givre,
une force magnétique
pénètre
dans les rêves,
excitante et mystique
ouvrent le portail
d'un paradis
inconnu.

puce Saccio nu posto
par Raffaele Pisani, écrit en napoletano sur la (les) photo(s) n° 24
- le 13 avril 2009
Saccio nu posto addò 'e penziere mieie
spazie celeste trovano,
addò tutte 'e ncanteseme d''e ffate
venciono 'o scuro.
Saccio nu posto ca me dà 'o profumo
d''o mare, ca da 'e prate
me porta 'addore 'e ll'èvera nuvella,
addò io campo
nu palmo 'a terra
e 'o spuorco nun me tocca
e né l'amaro
me scippa ll'uocchie.
Saccio nu posto ch'è
cònnola 'e suonne.
Saccio nu posto
ca me dà pace
comme dà pace sulo na chiesiella
sperza 'e campagna,
nu posto addò stu core 'e ogni pecché
trova 'a risposta
e trova, primma 'e tutte ll'ati ccose,
ragione e genio 'e vita.
Vicino a te.

Traduction :

Conosco un posto

Conosco un posto dove i miei pensieri
spazi azzurri trovano,
dove tutti gli incantesimi delle fate
vincono il buio.
Conosco un posto che mi dà il profumo
del mare, che dai prati
mi porta il profumo dell'erba nuova,
dove io vivo
un palmo dal suolo
e la sporcizia non mi tocca
e nemmeno la cattiveria
mi graffia gli occhi.
Conosco un posto che è
culla di sogni.
Conosco un posto
che mi dona pace
come sa dare pace solo una chiesetta
isolata di campagna,
un posto dove questo cuore di ogni perché
trova la risposta
e trova, prima di ogni altra cosa,
ragione e desiderio di vita.
Vicino a te.

puce La case de Díje
par Nicola Pastore, écrit en francoprovençal de faeto sur la (les) photo(s) n° 10
- le 11 avril 2009
Dò le piére du cumménne de Santa Maríje
lò pàje nóte i-ante fé la Ghise pe preíje
andó gióne é viàje, muénne, fénne és ‘nfanne
i vante a pecchíje meràchje é rase tutte l’anne.

La facciàte dò tràje nícchje é lu purtúnne
féje de bóue da lò piarantúnne,
lò banghe é lò cunfessiuníje
dò lu bóue du Piàne de Níje.

Le tràje navàte é lò scíje culuónne
cumme a suldàte che i tenúnte màje suónne
i mantenúnte lò barcúnne é lu tàje
pe fa jentrà la lisse de Debbenàje.

Le cattòrese stazióne de la Vía Crucis ‘nfacce u míje
che i fante vedàjere cumme a Gésú lu fescerúnte muríje,
lò lampadàrje che i calúnte da lu sulíje
i sunte accussí béje che a-étte un piascíje a lò remeríje.

A dràje la cappèlle de la Madònne du Rusàrje
a mangínne sélle de la Madònne du Calvàrje;
San Pròspe, Sant’Andónje é Sante Lunàrde lò prututtàue nóte
ciacúnne se férme per dirre un patennóte.

San Dumíneche, la ‘Ngurnàte é Santa Lucíje
cante rase i-ante féje pe allà u paravíje
lu crucefísse é San Píje
ciacúnne se férme a lò bescíje.

La cúpele dò la cruàja ‘nghiòcche
che se vàje avóje decchírre ó jòcche,
la campàna róse i recchiàme
fénne, muénne é giuunàme.

Tutta Faíte gli-étte passà
chi s’étte battijà, chi s’étte ‘nzurà,
‘na muórre i sunte jentrà pe piarà
ma màje mangúnne se l’étte descurdà.

Traduction :

La casa di Dio

Con le pietre del convento di Santa Maria
i nostri padri hanno costruito la Chiesa per pregare
dove giovani e anziani, uomini, donne e fanciulli
vanno a chiedere miracoli e grazie tutto l’anno.

La facciata con tre nicchie e il portone
fatto di legno dagli antenati,
i banchi e i confessionali
con la legna di Piano delle Noci Col legname del Pianodelle Noci.

Le tre navate e le sei colonne
come soldati sempre svegli
sostengono le finestre e il tetto
per far entrare la luce divina.

Le quattordici stazioni della Via Crucis appese al muro
che mostrano come Gesù fu ammazzato,
i lampadari appesi al soffitto
sono così belli che è un piacere guardarli.

A destra la Cappella della Madonna del Rosario
a manca quella della Madonna del Calvario;
San Prospero, Sant’Antonio e San Leonardo i nostri protettori
ognuno si ferma per recitare una preghiera.

San Domenico, l’Incoronata e Santa Lucia
quante grazie hanno esaudito per andare in Paradiso
il crocifisso e San Pio
ciascuno si ferma a baciarli.

La cupola con la croce in sommità
visibile anche quando nevica,
la campana maggiore richiama
donne, uomini e gioventù.

Tutta Faeto vi è entrata
chi per battezzarsi, chi per sposarsi,
molti per accompagnare un funerale
ma mai nessuno l'ha dimenticata.

puce
par Aurélia Lassaque sur la (les) photo(s) n° 8
- le 18 mars 2009
Las malmarridas li oFrisson d’espigAs de blat per Enganar la marrana
La Madonna lassa vesTida d’albatre e mirgalhada
Velha lOrs amors enebidas.

Traduction :

Les mal mariées lui oFfrent des épis de blé pour tromper le mAlheur,
La MadonE lasse, vêtue d’albâTre et bigarrée
Veille leurs amOurs interdites.

Le malmaritate le oFfrono spighe di grAno per ingannarE la cattiva sorte,
La Madonna stanca, vestita di alabasTro e variegata
Veglia i loro amOri proibiti.

puce
par Aurélia Lassaque sur la (les) photo(s) n° 3
- le 18 mars 2009
Lo salnitre Foligaud s’engulhA entre tos uèlhs E la pareT mOsta e grisa d’una androna liurada als juòcs solitaris d’una drolleta en rauba blanca.

Traduction :

Le salpêtre Folâtre se fAufile Entre Tes yeux et le mur humide et gris d’une ruelle livrée aux jeux sOlitaires d’une fillette en robe blanche.

Il salnitro giocoso s’intruFola trA i tuoi occhi E il muro umido e grigio di un vicolo abbandonaTo ai giochi sOlitari di una bambina vestita di bianco.

puce Pesmi desetnice/III - Decime vaganti/III
par Marko Kravos, écrit en slovène sur la (les) photo(s) n° 7
- le 17 mars 2009
Grem jaz tako s sprehajalnim korakom skozi vse to
pa mi ni vseeno, če boste vi tam, čez dva tisoč let,
vse narobe razumeli. Tu smo samo hiteli hiteli,
se v ihti z začasnim obdali… še v grobovih zanikrnih.
Kako bi to dobo prepoznali. Podrobni razvojni načrti
niso bili po naši koži, sproti so kup peska postjali.
Pohlep smo sejali, lakoto želi, z orožjem pogum kazali,
s cigareto svobodo kadili, pred sabo v lastno smrt bežali.
Kako to vedeti, zlati praotroci, se iz tega kaj naučiti.
A hvala, ker vsaj ste, da ni vse sivo v prihodnosti sivi.

Traduction :

Me ne vado così con passo spassoso attraverso tutto questo
e non indifferente se voi là nei millenni che verranno
fraintenderete tutto. Qua siamo soltanto andati di corsa di corsa,
nella foga attorniati dal precario… pure sepolti alla buona.
Come farvi riconoscere quest’epoca? Piani di sviluppo sistematici
non a nostra misura, che diventano subito cumuli di sabbia.
Abbiamo seminato avidità, mietuto la fame, mostrato fierezza con le armi, la libertà nel fumo della sigaretta, sfuggendo noi stessi verso la propria morte.
Come capire, adorati arciposteri, imparare qualcosa da tutto questo? Vi ringrazio però almeno di esserci, che tutto non sia grigio nel grigio futuro.

puce Onra pá mii muertoo
par Uvella Libero, écrit en andalou sur la (les) photo(s) n° 15
- le 17 mars 2009
No tengo dereco,
a´onrá a mii muertoo,
loo qualee ettan,
qon Dioo en´er Sielo,
puee no qea en la Tierra,
un lugá pá´eyoo,
ar rompé bosotroo,
nuettroo cementerioo.

No tengo dereco,
a´onra a mii muertoo,
ni tengo un deán,
qe rese por´eyoo,
por´eso suu rettoo,
yo lanse ar biento,
pá q´er loo yebe,
de nuevo ar dettierro.

Traduction :

No tengo derecho,
a honrar a mis muertos,
los cuales están,
con Dios en el Cielo,
pues no hay en la Tierra,
sitio para ellos,
al destruir vosotros,
nuestros cementerios.

No tengo derecho,
a honrar a mis muertos,
ni tengo un deán,
que ore por ellos,
por eso sus restos,
yo lancé al viento,
para que él los lleve,
de nuevo al destierro.

puce LUCCHE
par Giuseppe COCCO, écrit en francoprovenzale sur la (les) photo(s) n° 6
- le 12 mars 2009
Dessò lò Perazzùnne ò currunte le stórje,
che gi ge le disce icchì pe mammórje,
denghiénne le rùue e dessò lò tàje,
tuttuàje le stésse , cumme ’na vàje…

stórje de chi pe fattìje s’i ’nfìje ,
é icchì i puó pa rumagnìje,
de viàje scantà u penzìje de lu surbìje ,
é viéglje la téte u ténne de premmìje...

de enfànne le lucche te sinte pa méje
pe le ciarriére lu giuóre é la néje ,
’ nghjòcche lòs albre avóje lò scéje
nitte è ciante i fante chjù béje …

un tarrammùte ò paràje ch’ é féje,
che i atte ’mbrugljà tutte les éje...
andó gli étte allà tutte lu bunne
che jòre nusse chjù ne tenunne?

Gi ge pénze che p’allà megliàue ,
un cunte ò ulire giste curiàue,
pe nun fa cunghìje le ciuóse a mappine ,
icchì le servèlle i sunte tri fine –

’nzènne stregnanze , é a vunna uàje
fesciànne sentìje avóje a lò pàje,
jòre le sciarre mettanne a cartìje ,
a lu binne penzanne de lu paìje !

Traduction :

GRIDO

Sotto i Perazzoni (1) corrono le storie ,
che io le racconto qui per memoria ,
dentro i vicoli e sotto i tetti ,
sempre le stesse, come una volta …

storie di chi per lavoro se ne fugge via ,
e qui non può restare,
di vecchi terrorizzati al pensiero del sorbo (2) ,
e vecchie con la testa al tempo di prima…

di bambini le grida non senti più
per le strade il giorno e la notte,
sopra gli alberi anche gli uccelli
nidi e canti non fanno più belli…

un terremoto sembra sia fatto ,
che ha rimescolato tutte le acque…
dov’è andato tutto il bene
che ora noi non abbiamo più ?

Io credo che per andare meglio,
ci vorrebbe un fatto straordinario,
per non far precipitare le cose a stracci,
-qui i cervelli sono troppo fini –

insieme stringiamoci , e ad una sola voce
facciamo sentire anche ai nostri padri,
ora i litigi mettiamo da parte ,
al bene pensiamo del paese !


Montagna alla quale è appeso il paese, quasi come un nido d’uccelli.
Il sorbo di Michele Addei, toponimo per indicare il locale cimitero .

puce REQUIEM
par Gabriele Alberto Quadri, écrit en dialetto capriaschese sur la (les) photo(s) n° 9
- le 11 mars 2009
Paesetti con la loro storia
schiacciati da cemento e catrame,
campanili che vanno in rovina
frastornati da ogni rumore:
un orto, quattro case sconnesse
tenute in vita da vecchioni,
date fastidio, sì! al Progresso,
ch'è meglio finirla, per davvero!

Traduction :

Paesín ch'i gh'á ra sò storia
squisciò lá da ceméent e godrón,
campanín ch'i va a tòcch senza bòria
rintronò da fracass, da rümóor:
on ortín, quatro cá senza nèsso
tegnü 'n pé par on boff da vegión,
dí fastidi, credím! ar Progresso,
ch'a l'è méi voltá lá, ma dabón!

puce Calada
par Danielle JULIEN, écrit en occitan sur la (les) photo(s) n° 5/25
- le 18 février 2009
Calada
Esquina plegada, genolhs dolorós
Una a cha una leis aviá talhadas, marteladas, alispadas
Una a cha una leis aviá pausadas, tancadas, alinhadas.
De còp en autre s’èra dreissat per presar son òbra
Pròche de seis avis, lei de Pompei , d’Ercolano ò d’endacòm,
Puei, doçament, l’agach clavelat sus la darriera rega, i èra tornat.
Lo soleu aviá jogat sus leis asclas dauradas
demoradas frejas e esbleugissèntas.
De còps la plueja i aviá escampat sei belòias.
Eu aviá menat batuda, acotat a l’espessor dau temps.
De la prima auba a soleu colc
Entre lei muralhas escrancadas
dins la toforassa blanca ò lo freg de veire,
Aviá bastit lo camin per nòstrei joinei piadas.
E ara, montaviam,portats per lo linde de l’aire.
Mai, durs sota lei pès, lei frejaus nos fasián pagar la susor dau caladaire.

Traduction :

Calade
Le dos courbé, les genoux douloureux,
Une à une il les avait taillées, martelées, caressées,
Une à une il les avait posées, bloquées, alignées.
De temps en temps, il s’était dressé pour évaluer son œuvre,
Proche de ses ancêtres, ceux de Pompei, d’Herculanum ou d’ailleurs,
Puis, lentement, le regard fixé sur la dernière rangée, il s’y était remis.
Le soleil avait joué sur les arêtes dorées
Restées froides et éblouissantes.
Quelquefois la pluie y avait semé ses diamants.
Lui avait fait son travail, adossé à l’épaisseur du temps.
De la prime aube au soleil couchant
Entre les murailles décrépies
Dans la chaleur blanche ou le froid de verre
Il avait construit le chemin pour nos jeunes pas.
Et maintenant nous montions, portés par la limpidité de l’air.
Mais, dures sous les pieds, les pierres nous faisaient payer la sueur du caladeur .
Danielle JULIEN. Fev 2009

puce Luenchenca Irlanda d’una tèrra latina (Lointaine Irlande d'une terre latine)
par Estève SALENDRES
- le 15 février 2009
Luenchenca Irlanda d’una tèrra latina
De bricas e d’espèrs bastida,
Lièch ont l’òme pagan onora sa fe
Coma una amanta de l’aparéncia de prostituida,
Amb respècte, mas sensa demostracion d’amor
Pas que per besonh, sensa onor,
Aquí las trèvas se passejan sus de trepadors passits
E las ombras dançan sus la musica intemporala
De l’escuma dels temps,
Los Sants agachan d’un uèlh benvolent
Los chins vièlhs e los enfants joves rebalar
E cercar aquí las responsas de las questions enebidas,
Al luènh, los bruchs de la revòlta repotegan totjorn,
Mas aqui las iranges an lo gost del rasim.

Traduction :

Lointaine Irlande d’une terre latine
Façonnée de briques et d’espoirs,
Lit ou l’homme païen honore sa foi
Comme une maîtresse aux allures de prostituée,
Avec respect, mais dépourvue de démonstration d’amour
Uniquement par besoin, sans honneur,
Ici les fantômes se promènent sur des trottoirs fanés
Et les ombres dansent sur la musique intemporelle
De l’écume des temps,
Les Saints observent d’un oeil bienveillant
Les vieux chiens et les jeunes enfants errer
En cherchant les réponses aux questions interdites,
Au loin, les bruits de la révolte grondent toujours,
Mais ici les oranges ont le goût du raisin.

puce Oniromanticas XV (Oniromantiques XV)
par Franc BARDOU, écrit en occitan sur la (les) photo(s) n° 25
- le 11 février 2009
Tres o quatre sasons, de rasims en castanhas,
e vejaquí tornat, coma una ombra que passa,
la pena de tos ans a pro pena esvanida
que ja recomençada.

A l'endintre d'un ceucle estremat, de cadaulas
e de ferolhs potents, 'mai de barras massisas,
l'astrada simplament te teis,
desalenanta esclavitud
a l'òrle de ta libertat.

Qu'es aquò, qu'es aquò çò liure ?
Lo qu'es pas pus ni tu ni ieu,
ni uèi, ni ièr nimai deman,
sens cap demand ni cap vertat,
cap illusion ni cap messorga,
ni certesa vana e bufèca,
ni vent, ni flamba, nimai onda,
nimai tèrra d'aicí, d'enlòc.

Del tant que s'es ara escafat,
çò liure o se sap pas pus èsser
nimai o vòl pas mai saber,
respir lusent de la calada
que s'escapa fòra las vilas.
Aital ne va de cada pòble
que se vòl un jorn pòble liure :
lo mond, tant s’es cintat de barris
per s’assegurar tot aver
qu’a pas pus cap plaça per èsser.

Traduction :

Trois ou quatre saisons, raisins en châtaignes,
et voici revenu, comme une ombre qui passe,
le mal de tes années à peine évanoui
qui déjà recommence.

A l’intérieur d’un cercle discret, lourd de loquets,
et de verrous puissants, de barres si massives,
le destin simplement te tisse,
une servitude étouffante
aux marges de ta liberté.

Mais enfin, qu’est-ce qui est libre ?
Celui qui n’est plus toi ni moi,
ni maintenant, hier ni demain,
sans demande ni vérité,
sans illusion et sans mensonge
ni vaine et vile certitude,
ni vent, ni flamme ni même onde,
ni terre d’ici ou d’ailleurs.

Il s’est tellement effacé,
qu’il ne se sait même plus être
et ne veut même plus le savoir,
souffle luisant sur les pavés
qui s’échappe loin, hors des villes.
Et c’est pareil pour chaque peuple
qui a voulu devenir libre :
ce monde est si barricadé
pour s’assurer de tout avoir
qu’il n’a plus nulle place où être.

retour haut de page
Plan du site Contacts ©Copyright Mentions légales